• Mathilde Boileau

Vous avez dit intime ?


La maison <3

Pas si intime

Il y a peu, j’ai relu mes journaux intimes. Un écrit a retenu mon attention plus que les autres. Le relire m’a d’abord fait un choc. Je ne me rappelais absolument pas avoir écrit ça. J’ai senti toute ma détresse de l’époque. Mon désespoir en croyant que rien d’autre n’était possible que ce que je vivais. Le piège dans lequel j'étais enfermée. J’étais perdue sans pouvoir véritablement me l’avouer, ou décider de changer quoique ce soit. Je me croyais dans une impasse. On est trois ans avant le burn-out.


Je souhaitais vous partager une partie de ce texte. Et aussi la réponse, puisque j'ai eu un besoin irrépressible de répondre à cette ancienne moi.


Texte de l'ancienne-moi, en 2014

"Je me demande bien ce que c’est le bonheur. Est-ce qu’on le ressent vraiment ? Est-ce que c’est un moment où on arrête tout, de penser, de marcher, de rire et on se dit « là je suis heureuse ». Je me demande finalement si un jour je serais sincèrement joyeuse. Sans faux semblant ou joie exaltante complètement hypocrite. Est-ce qu’un je serais juste bien. Apaisée. Sereine. Comme lorsqu’on est enfant et que l’on se contente d’un rien.


Est-ce qu’un jour j’arrêterai de remettre tout mes choix en question. Est-ce que je pourrais arrêter de regretter ces choix que je n’ai pas fait ? Ces risques que je n’ai pas pris ?

Comment trouver la force de simplement vivre quand on a l’impression de le faire pour personne, même pas pour soi ?"



Ces/ses mots m'ont vraiment frappé en plein cœur. On croit souvent que la dépression et le burn-out touche au hasard mais je pense de plus en plus que c'est complètement faux. Ces déséquilibres augmentent au fur et à mesure des années jusqu'à devenir si insupportable qu'on est obligé de s'en occuper. On est obligé de les traiter. De les prendre en compte pour changer des choses dans nos vies. Parfois on est tellement loin de notre chemin originel que la route est très longue jusqu'à raccrocher le bon wagon. Mais on peut y arriver. Aucune cause n'est irrécupérable.


Alors, comme je vous le disais plus haut, je me suis répondue. Mais je ne peux vous partager que la réponse au premier paragraphe. Le reste a encore besoin de maturer. La voici :


Moi-même, en 2021

"Mathilde, c’est drôle parce que oui on le ressent exactement comme ça le bonheur chez nous. Tout d’un coup on s’arrête et on se dit « là je me sens bien », « là je suis bien ». Parfois on rajoute même « merci l’univers » (ou « merci la vie » en fonction des moments). C’est ainsi la preuve ultime que notre cœur est réchauffé au creux de notre poitrine. Tu l’as déjà ressenti à une époque et c’est pour ça que tu le décris si bien. Tu l’as juste oublié. Et tu en vivras d’autres des moments joyeux. Je te le promet. C’est juste que pour l’instant, tu dois t’accrocher.


Et oui Mathilde, ça veut dire qu’un jour tu seras sincèrement joyeuse. Sans faux semblant. Sans joie hypocrite. Parce qu’il y a un moment de ta vie où tu as arrêté de faire semblant. T’as pas vraiment eu le choix, pour être honnête, mais t’as fait tomber des barrières et tu t’es rapprochée de qui tu es vraiment. Et ça, ça t’apporte énormément de joies au milieu d’énormément inconforts.


Pour ce qui est de se sentir apaisée et sereine, « juste bien » comme tu dis, on y travaille. On a en tout cas retrouvé le goût du « point 0 », là où on est en état d’équilibre et de calme intérieur. Bon on le quitte très souvent ce point 0, les réglages sont en cours. Mais on le retrouve de plus en plus vite et de plus en plus longtemps.


Pour finir, non on ne se contente pas d’un rien… Mais est ce que les enfants se contentent vraiment d’un rien ? J’ai lu cette citation qui me fait penser à tes propos. Elle issue d’un livre de Virginie Grimaldi. La personne qui parle est un homme qui vient de fêter ses 90 ans. Il nous dit :


"Régulièrement au cours de mon existence, poursuit-il, je me suis demandé si je serais satisfait si la vie s'arrêtait là. C'est cela, le secret : se demander si l'enfant que nous avons été serait fier de nous."

Et en ce moment, si je lui demande, notre enfant intérieur est très, très, très fière de nous.

Alors, force et courage à toi, bientôt tu vas lâcher, mais c’est là que tout va vraiment commencer <3"

Merci pour votre lecture,

je suis heureuse d'avoir la force de partager ça avec vous.

Si je le fais c'est que je me dis qu'il y a quelque chose d'universel dans mon histoire. J'espère que ça pourra vous servir, vous émouvoir, vous aider à mieux comprendre vous ou les autres.


je vous embrasse fort,

Et je vous souhaite pleins d'amour dans vos vies et dans vos cœurs.

Votre fidèle touriste en cours de sédentarisation dans son nouveau logement.

Mathilde.


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