top of page
  • Mathilde Boileau

Le chemin de guérison


On the route

31 décembre 2017

J’ai loupé le réveillon avec mes ami.es.

Je n’ai pas pu me lever de mon lit. Je suis comme aspirée, écrasée. Chaque geste est un effort surhumain. Comme si je devais mobiliser autant d’énergie pour bouger un doigt de pieds que d’autres personnes pour grimper l’Himalaya.

Je comprends que quelque chose ne va pas. Je réalise que je suis malade. Gravement malade.


Je n’y arrive plus. La machine est cassée.


Mais au moins, ça y est j’ai passé un cap. Je vais commencer à chercher ce qui se passe.


Mes symptômes qui complotent dans mon dos

Après plusieurs années de symptômes étranges, toujours relayés au second plan à cause de mon travail ou de mes autres activités, je vais faire de ma santé ma priorité.


J’ignore que je vais mettre plusieurs années à réaliser ce souhait.


Je commence par aller voir ma médecin généraliste. Elle m’arrête pour plusieurs semaines pour cause « d’asthénie ». Grosse fatigue quoi. Elle me demande : « Est-ce que tout va bien au travail ? ». Je lui réponds que « Oui. C’est un peu stressant mais ça va ».


Elle me prescrit une analyse de sang.

L’analyse de sang révèle une légère anémie. Rien qui explique pourquoi je me sens aussi mal.

Parce qu’il important de le répéter : je ne me suis jusqu’ici, jamais sentie aussi mal de ma vie.


J’enchaîne les rendez-vous médicaux.

Gastro-entérologue, nutritionniste, diététicien.ne.

Deux tours aux urgences.

J’ai sans cesse l’impression que je vais mourir pourtant iels me disent tous.tes la même chose : « Vous n’avez rien Madame, vous allez bien. »


La descente aux enfers continue.


Je croise une ancienne collègue. Elle me parle d’une personne. Une magnétiseuse. Elle me dit : « Je pense qu’elle peut t’aider ».


Je n’ai plus rien n’à perdre. Je prends rendez-vous. Comme un dernier geste désespéré avant de m’autoriser à penser à l’irréparable.


Quelques semaines s’écoulent.


Mars 2018

Le jour de la séance arrive.

Je suis dans la salle d’attente.

Je me demande ce que je fais là.

J’ai toujours critiqué ces rebouteux, ces vendeurs de rêves, ces charlatans. Je crois un peu à l’effet placebo.

C’est tout.

Je ne m’attends à rien, si ce n’est à être déçue, une nouvelle fois.


Je m’assoie en face d’elle. Après quelques banalités, elle me parle de burnout. Elle me dit « Vous avez fait un burnout ».

Je ne comprends pas. Tout va bien dans mon travail. Qui est-elle pour me dire ça ? Comment peut-elle savoir ?

Je fais semblant d'y croire. On passe à autre chose.


Elle m’allonge sur sa table. Elle fait sa séance.

Je sors de ce rendez-vous, je me sens vaciller.

C’est à la fois profondément effrayant et à la fois terriblement rassurant : j’ai enfin rencontré quelqu’un qui me comprend sur cette terre.

Je ne suis plus seule.


Une partie du chemin de guérison

Je laisse tomber la médecine scientifique aussi désespérante qu’inutile pour m’aider, et me jette à corps perdu dans les thérapies alternatives : kinésiologie, acupuncture, numérologie, biodécodage, osteo-énergétique, reiki, énergétique (karma, transgénérationnel...), chamanisme... Je suis le chemin des rencontres dans ce milieu.

Parce que je me sens soutenue par eux.

Je les sens concernés par ma guérison.

Ils m’offrent une oreille attentive.

De l’empathie.

Et du respect pour ce qui m’arrive.


Au fur et à mesure des rendez-vous, j’ai l’impression que je vais mieux. A chaque rendez-vous, j’apprends à me connaître d’avantage : mes goûts, mes aspirations, mes envies, mes rêves.

Je remets les pieds dans mon intériorité. Je commence à prendre une direction que j’aime, une direction qui respecte ma singularité.


Je réfléchis à une perspective de vie. J’élabore un nouveau plan. Et je décide de le suivre. Trouver mon chemin. Voila comment je crois pouvoir m’en sortir.


Avril 2022.

Le plan tombe à l’eau. Je tombe à l’eau.

Je vous passe les détails du plan. Une vaste histoire de prévention du burnout et de boulot alimentaire.

Le fait qu’il est tué dans l’œuf parce que mon corps lâche une nouvelle fois.

Je sombre dans une grave dépression.

Cette fois-ci, je ne m’en cache pas.

J’ai envie de mourir.

Je ne comprends plus à quoi sert la vie, si ce n’est à rien.




Un de mes proches les plus fidèles

Ma famille est là.

Elle me soutient.

Un.e ou deux ami.es aussi.

Je me reprends un peu. Juste assez pour déménager dans une colocation. Y’a pas souvent du monde mais c’est mieux qu’être seule en appartement.


Alors je reprends la danse.

La danse des rendez-vous médicaux.

Cette fois-ci, je ne m’arrêterais pas avant d’avoir trouvé ce qui me cause tout ces symptômes.

Je m’en fais la promesse.


Quand je dis « symptômes », je parle de la fatigue, de l’incapacité à rester concentrée, de mes maux de tête, de mes crampes, de mes maux de ventre, de mes maux de dos, de mes insomnies, de l’anxiété constante.

Tout cela, personne ne m’a expliqué pourquoi.

Pourquoi je ressens tout ça ? Pourquoi je vis tout ça ?


Les analyses de sang montre une anémie, cette fois-ci dû à une carence en fer.

Ça explique en partie l’anxiété et la nervosité qui m’empêche de dormir.

Bingo, un chemin à suivre.

Comment puis-je guérir cette anémie ?


Je vois une endocrinologue.

Je prends rendez-vous avec une psychiatre.

Je change de médecin traitant.

On m’envoie voir une interniste (style docteur House).

Une gastro-entérologue.

Un médecin spécialiste de la maladie génétique que j’ai (la fructosémie).

Une hématologue.

Une nutritionniste.

Une psychologue.

Cette fois-ci, je ne m’arrêterais pas avant d’avoir trouvé ce que j’ai.

Je consulte un autre nutritionniste.

Un allergologue.

Une autre psychiatre.

Une autre gastro-entérologue.


Ma mère me prendre pour une hypocondriaque.

Mes proches ne savent plus trop quoi dire quand je parle de ces rendez-vous.

Pour eux c’est évident : c’est un bis repetita d’une crise psy ou une nouvelle manière de gérer mes angoisses.


Une autre partie du chemin de guérison

Juin 2023

Concrètement, personne ne trouve rien de grave. Tant mieux si j’ose dire. On me diagnostique quand même un SII (syndrome de l’intestin irritable), une allergie aux acariens et au départ de ce cycle de recherche, un IMC (indice de masse corporelle) bien trop faible. C’est valable, mais ça n’explique pas la puissance des symptômes, et les retentissements sur ma vie quotidienne.


Depuis août 2022, je suis en arrêt maladie.

J’ai obtenu le statut handicapé.

Et à chaque fois qu’on me parle de travail, je suis au bord de l’attaque de panique.

Je me réfugie très souvent dans le fond de mon lit, pour survivre aux tempêtes.


Novembre 2023

J’accepte la sentence.

J’ai un profil anxio- dépressif, une anxiété bien installée qui amène à parfois à des épisodes dépressifs.

Les rendez-vous psys m’aident, les thérapies alternatives aussi. Mais ça ne va pas assez vite.


Et si j’essaye les antidépresseurs ?


Janvier 2024

Deux mois d’antidépresseurs.

Je ne suis déjà plus là même personne.

Je me sens plus calme. Je dors mieux.

Je me sens mieux avec les autres.

Mon stress est gérable, même s'il reste très invasif.


Un jour à Paris

Hier, je suis revenue de Paris. Plus de 3 ans que je n’avais pas fait de long voyage.

Là j’étais partie faire une formation « Prendre la parole en public ».

C’était merveilleux.

Parce que je vais mieux.

Parce que je me sens à ma place.

Et aussi parce que j’ai des proches qui me comprennent et me soutiennent.

Et un logement plutôt stable depuis un an.


Il y a peu, on m’a proposé un travail à temps très partiel (8h/10h par semaine) qui me convient parfaitement. Je crois qu’il est temps. Temps de replonger dans le grand bain.


Je me demande parfois ce qui ce serait passé si j’avais pris des antidépresseurs il y a quelques années.

J’aurais moins souffert, c’est certain.

Je serais une autre personne, j'en suis persuadée.

La souffrance et la détresse nous ouvrent à d'avantage de compassion, d'empathie et de compréhension pour le monde qui nous entoure.


Ca m'a aussi permis de devenir pleinement actrice de ma vie. J'ai repris mon pouvoir personnel grâce à ce chemin de guérison. Désormais, je fais mes choix, je prends mes décisions selon ce que je veux moi. Et quand je me trompe, j’apprends, je me corrige et je reprends ma marche en avant grâce à mes proches qui sont là pour me soutenir, pas m'influencer.


Si ça se trouve, je me dis que je suis enfin devenue adulte ! En tout cas je me sens vrai.e

Je me sens moi-même.


Je voudrais que 2024 soit l’année où j’arrive à équilibrer les différentes sphères de ma vie : le relationnel, le foyer, le travail, les activités de création.


On y croit,

Et on s’envoie beaucoup d’amour <3

Prenez soin de vous,

Je vous promets, ça vaut le coup.


Je vous aime <3


À la prochaine.


Pour prendre soin de soi, on fait comme Marcus, on fait du Yoga !



52 vues0 commentaire

Comments


bottom of page