• Mathilde Boileau

L'ART DE FAIRE LE TOUR DE SOI-MÊME

Mis à jour : 13 août 2019

Ou comment j'ai cru avoir fini alors que pas du tout.



En rapport direct avec l'article, une photo de mon pestaclanniversaire !

Il y a maintenant plus d’un mois, devant les 45 personnes présentes à mon anniversaire, j’ai effectué un pari un peu fou qui se résume par :


RICHE ET CÉLÈBRE EN DEUX ANS, CAP OU PAS CAP ?


Et là, une partie d’entre-vous doivent se dire : « Mais pourquoi ?…. mais pourquoi tu fais ça ?

Avez-vous déjà entendu parler du concept de simplexité de la vie ? Si oui, c’est que vous étiez présents à ma fête le 06 juillet dernier. Pour les autres, l’explication est la suivante :


La simplexité allie les mots « simple » et « complexe ». Ce néologisme prometteur est l’un des piliers de mon bonheur. Je me suis rendue compte que lorsque ma vie était trop simple, je m’ennuyais profondément. A l’inverse, quand elle était trop complexe, je me mettais la pression et le stress chronique me guettait (enfin me touchait de plein fouets... et paf ça fait des burnouts !).


Dans ma vie, comme ailleurs, tout est toujours une question d’équilibre : alterner les périodes de pression avec les périodes de repos, respecter son corps tout en demeurant actif... Voilà ce que j’essaye de construire au quotidien !


Je vous avais expliqué dans un précédent article que j’allais reprendre mes études pour devenir thérapeute spécialisée en nutrition. Bon, je dois avouer que ça va encore plus loin que ça parce que je ne sais pas comment faire mais je souhaite faire mon métier en grande partie sur Internet. Et notamment au contact de célébrités.


Etant de nature « dispersée » (#ceuxquisavent), je me suis dit qu’il fallait que j’annonce publiquement mes intentions car ça me permet de faire une sorte de contrat avec moi-même pour aller jusqu’au bout de mes rêves.


LA CÉLÉBRITÉ OKAMPING

C’est ainsi que le 02 aout dernier, je débutais ce que j’aime appeler « ma tournée OKAMPING. » En seulement deux semaines, en y mettant tout mon cœur et toute mon énergie, j'ai créé un spectacle nommé « Balance ton souhait ». L’idée était simple : me lancer. Car je n’avais jamais fait de la scène toute seule. Même si j’ai eu quelques groupes de musique, le fait de me retrouver alone à devoir gérer un public mêlé d'inconnus était totalement nouveau. Pour occuper le temps et l’espace, j’avais pensé à des numéros qui pourraient être une introduction à la célébrité.


Au départ la liste était très longue :

-officiante de cérémonie de mariage

-danseuse de tecktonik

-poète

-commentatrice de vidéo d’animaux

-DJ

-journaliste de podcast

-leader d’un mouvement révolutionnaire

-musicienne

-discouriste sur l’art de faire le tour de soi-même


Prise par le temps, j’ai fini par me limiter à 5 : commentatrice de vidéo d’animaux (pornocat), DJ devenu meneur de blindtest, leader d’un mouvement révolutionnaire, musicienne et discouriste. Le résultat ne fut pas du tout à la hauteur de mes espérances, mais au moins je m'étais lancée dans une nouvelle aventure.


LE DISCOURS, LE DISCOURS, LE DISCOURS

Au dernier moment, j’ai retiré le discours sur l’art de faire le tour de soi-même. Pourtant ce discours avait quelque chose, il me tenait vraiment à cœur. Il n’était pas adapté à la soirée mais il me parait adapté à être partager ici. On se met dans le contexte, une main innocente tire au sort « discouriste », je m’approche de l’autel et c’est parti :


Madame, Monsieur,

J’ai longtemps cru que ce que j’allais vous présenter un discours, sur l’art de faire le tour de soi-même. J’en ai même écrit un plus ou moins réussi. Puis, j’ai dû admettre que quelque chose clochait dans mon témoignage. Et pour cause : mon projet, basé sur la citation de Gandhi « Le plus grand voyageur n’est pas celui qui fait 10 fois le tour du monde mais une fois le tour de lui-même » contredisait ce que j’écrivais. J’ai dû me rendre à l’évidence… je n’ai pas fini de faire le tour de moi-même. La petite voix dans ma tête avait raison, il faudrait toute une vie pour avoir fini.


C’était même prétentieux de penser que j’avais pu le terminer.


Alors ensuite, j’ai réfléchi à pourquoi j’avais l’impression d’avoir clôturé ce voyage. Je me suis rappelée du moment précis, sur ce trajet entre La Tuque et Montréal où j’ai ressenti une telle émotion que je savais qu’il était temps de rentrer à la maison.


J’ai tout d’abord cru que j’avais découvert ma propre philosophie du bonheur… mais non.

J’ai également pensé que j’avais trouvé les ingrédients qui manquaient à ma vie d’autrefois… mais c’était pas vraiment ça.

Puis je me suis dit que c’était tout simplement le fait que je sache ce que je voulais faire de ma vie : la nutri-thérapie… mais ça manquait de relief.


Ce que j’avais ressenti c’était beaucoup plus fort. Tellement fort que j’avais du mal à l’admettre. Encore plus à le partager. Je me suis rendue compte que ce qu’il manquait à mon tableau idyllique du tour de moi-même c’était l’amour, ce qu’on appelle plus communément « le Grand Amour » (avec des majuscules et des guillemets svp). J’avais visité 7 pays, parcouru des milliers de kilomètres, rencontré des dizaines de personnes adorables. Mais je n’étais pas tombée de nouveau amoureuse.


Et pourtant, n’était-il pas là le point central de tout mon voyage ? N’était-ce pas en fin de compte ce pourquoi j’étais partie ?


Lorsqu'on meurt, je crois pas qu'on se demande combien on a sur notre compte bancaire ou si on a été performant au travail. En tout cas, moi je suis sure que je me demanderais : « est-ce-que j’ai aimé ? » et « est-ce-que j’ai été aimée ? ». Par les autres, par moi. Par de parfaits inconnus aussi. Et je voudrais surtout avoir compris ce que je lis souvent :


« Il n’y aucune différence entre donner et recevoir de l’amour ».



Dans ce trajet entre La Tuque et Montréal, j’ai commencé à comprendre pourquoi j’étais seule. Durant des années, j’ai pensé que c’était parce que je n’assumais pas mon attirance pour les filles. J’étais persuadée que tout venait de là. Je n’ai jamais rien compris à l’amour moderne. Y’a des gens qui ne s’aiment pas et qui restent ensemble et y’a d’autres gens qui s’aiment mais qui ne sont pas ensemble. Alors pourquoi ? Pourquoi ? Elle est où la clé ?


Un jour j’ai rencontré un garçon qui m’expliquait qu’il faisait dans sa vie tout ce qui lui faisait le plus peur comme par exemple sauter en parachute, partir voyager à l’autre bout du monde ou se jeter la tête dans le vide.


Une fois qu’il était parti, je me suis demandée : « Et moi, c’est quoi ma plus grande peur ? ».


J’ai mis du temps à la trouver parce qu’elle était diffuse : c’est la peur du rejet. La peur d’être rejetée par les autres. Et j’avais une sorte de mécanisme bloquant qui me poussait à croire que si je partageais mes sentiments à quelqu’un, il me rejetterait. Alors que parler, partager, ça ouvre bien plus de portes que de se taire.


Vous savez ce voyage a changé ma vie. Ce fut la meilleure thérapie imaginable. Désormais, je n’ai plus peur de la petite voix dans ma tête. Je n’ai plus peur d’exprimer mes émotions. Je n’ai plus peur de dire aux gens que j’aime que je les aime du plus profond de mon cœur.


Exprimer mes émotions est mon plus bel apprentissage de l’année 2019.


Elle est la clé.


La clé de l’amour, du vrai, du grand, c’est l’intimité. L’intimité qui est souvent confondue avec la sexualité est en faite bien plus liée à l’émotionnel. Être intime avec quelqu’un c’est être émotionnellement ouvert. Être prêt à partager des pensées personnelles, certains sentiments et même ses complexes.


Ce qui veut dire qu’on peut s’aimer sans être intime, ou être intime sans s’aimer.


Et, sur ce trajet, entre La Tuque et Montréal, j’ai réalisé que je n’avais jamais été intime avec personne. J’avais aimé, oh ça oui ! Mais je n’avais jamais réussi à m’ouvrir complètement.


Quelques personnes détestent être seules et vont toujours être avec quelqu’un. Moi c’est l’inverse, j’aime être seule. J’ai du mal à être avec quelqu’un. J’ai l’impression de m’oublier complètement quand on est deux.


Et à ce moment précis, je me suis rendue compte que la seule et unique chose à faire pour trouver l’amour c’était de m’aimer suffisamment. M’aimer suffisamment pour que ma relation soit saine. Mon hypersensibilité me pousse à me connaitre sur le bout des doigts, à mettre des mots sur mes émotions. Et c’est comme ça que je pourrais être heureuse seule et à deux.


En fait, j'ai compris en dilettante que le jour où je m’aimerais suffisamment, je serais prête à être intime.


On dit souvent qu’on est seul parce qu’on n'a pas rencontré la bonne personne. Je crois que c’est un peu faux. Pour pas dire complètement.


La fameuse fontaine de Barenton

Je vais vous raconter l'anecdote qui me fait penser ça. Il y a quelques jours, peu avant mon spectacle Balance ton souhait, je suis allée me promener dans la forêt de Brocéliande. J’avais choisi une balade avec sur le chemin de la Fontaine de Barenton, une fontaine enchantée. Je m’attendais à quelque chose de majestueux. Le panneau indiquait 1,4 km. Au bout de longues minutes de marche et de quelques arrêts j’ai dû me rendre à l’évidence, j’avais du me tromper de chemin parce que j’avais pas vu de fontaine. J’ai failli faire demi-tour, avant de me rappeler qu’Internet existait j’ai alors tapé « fontaine de Barenton » pour voir à quoi elle ressemblait. Et, j’ai eu le malheureux plaisir de voir que j’étais passé devant ce ruisseau que je n’avais absolument pas relevé. Enfin j’avais eu un doute car il avait un peu de charme ce trou d’eau. Mais je me suis dit : « non, il doit exister une fontaine bien plus belle ». Et j’ai continué mon chemin.


J’aime bien cette histoire parce que je me dis que mon âme-sœur, je l’ai sans doute déjà rencontrée. C’est juste que jusqu’à aujourd’hui, j’étais incapable de la voir parce que je ne m’attendais pas à ça. J’avais tellement de projections que j’ai pas vu ce que j’aurais pu voir. Mon âme-soeur est surement là, tout près de moi, depuis longtemps. Mais ce qui compte c’est timing les gars, le timing.


L’ancienne Mathilde aurait dit : « Allez donne toi un coup de pied au Q et met toi à sa recherche, ça va pas venir en claquant des doigts ». Mais j’ai changé. Je suis partie faire le tour de moi-même et je n’en suis jamais vraiment rentrée.

Alors à la nouvelle Mathilde, je m’envoie beaucoup de bienveillance, beaucoup de douceur, de la patience et de l’espoir. L’espoir que ma future relation ne sera pas qu’une simple histoire d’amour mais surtout une belle relation d’intimité.


L’espoir que le jour où sera le moment, le jour où je serais prête, ce jour-là je reconnaîtrais ma magnifique fontaine là où jadis j’aurais vu un banal trou d’eau.


Ça coûte pas cher de rêver.


Prenez-soin de vous, je vous aime et je vous laisse sur le message que ma mère m'a laissé derrière cette photo :



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J'ai décidé de partir faire le tour de moi-même et je vous amène avec moi dans ma folle aventure. 

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