• Mathilde Boileau

JE VAIS FAIRE QUOI MAINTENANT


tranquillellement accoudée au bar avec ma nouvelle copine by ©juliegergeaux

JE RENTRE OU JE RENTRE PAS ?

La rentrée est faite mais pas pour moi. J’ai réfléchi, longuement.

Une farandole de questions se succédaient. Et derrière la liste non exhaustive d’interrogations, une seule les fédérait toutes :

Qu’est-ce-que je vais faire de ma vie ?

Il y a maintenant bientôt deux ans, à bout de souffle, j’ai choisi de quitter la place professionnelle confortable qu’on m’avait offerte pour partir à l’aventure. Je suis en plein dedans.


YESTERDAY ALL MY TROUBLES SEEMED SO FAR AWAY

Quand je regarde en arrière, je vois le chemin considérable que j’ai parcouru. Lorsque mon mental a abdiqué, lorsque j’ai fait le énième burnout il y a presque 3 ans, j’ai cru que c’était terminé pour moi, que je n’y arriverais plus jamais. Avec le recul, c’était le début de quelque chose d’autre. De plus beau. De plus vrai.


La dépression qui a suivi a été terrible. Ce qui m’a sauvée, c’est que j’ai fini par prendre conscience que tout ça avait un sens. Ça n’arrivait pas pour rien. Comme le dit Charles Pépin dans son excellent livre Les vertus de l’échec : « Et qu’est-ce que la dépression sinon une invitation, particulièrement douloureuse, à ouvrir une fenêtre sur ce que nous ne voulons pas voir ? »


A l’époque j’étais totalement incapable de lâcher prise. Je n’acceptais rien. Je n’acceptais pas d’aller mal. Je ne savais pas comment aller bien. Je pensais que ça allait revenir d’un coup, comme par magie. Il m’aura fallu des mois et des mois, des dizaines de rendez-vous thérapeutiques, des centaines d’encouragements de mes proches pour que je puisse me décider à accepter la situation. Et la dépression.


JE CREVE PAS DE FAIM MAIS…

Vous savez, parfois, je m’en veux de me prendre autant la tête à vouloir donner du sens à ma vie. Certains crèvent de faim, moi je me demande ce que je vais faire pour aller mieux. Est-ce légitime ?


Oui, je le crois.


Si la pauvreté est un fléau dans les pays en voie de développement, l’Occident a aussi son lot de malheurs. Effectivement, la plupart d’entre nous ne manque pas d’argent pour les besoins primaires. Sommes-nous pour autant plus heureux ?



trouvé en Suisse fin septembre

Mon rôle à moi n’est pas de survivre mais au contraire d’apprendre à vivre mieux. Et si ce besoin-là n’est pas un besoin physique primordial comme manger, boire ou dormir, il est néanmoins essentiel pour un équilibre psychique et un équilibrage planétaire.


Je n’ai pas à culpabiliser de vouloir donner du sens à ma vie. Oui, c’est une chance de pouvoir le faire, ça n’empêche pas que j’en aie le droit. Ne pas m’interroger ne changerait pas la vie des humains nécessiteux. L’important est d’être consciente que la pauvreté est une réalité dans d’autres régions du monde. Cependant, j’ai le droit d’exister en France, avec mes problématiques personnelles, sans avoir de remords.


D’ailleurs, Sœur Emmanuelle, qui avait consacré deux décennies aux « chiffonniers[1] d’Egypte » (c’est-à-dire les pauvres des pauvres du pays de Cléopâtre), réalisa à la fin de sa vie la détresse qui régnait en Occident. « Elle avait vu que ce monde qu’elle croyait heureux dans son égoïsme était souvent malheureux dans sa solitude. Il manquait fréquemment d’amour pour les autres mais manquait aussi d’amour pour lui-même[2]. »


TRANSITION À POINT NORMÉ

Cet été, pour la première fois depuis presque deux ans, j’avais recommencé une activité professionnelle : un 35 h, dans le tourisme. A 100 m de chez moi. Juste pour la saison. C’était parfait pour me relancer.


Mais je n’en ai pas été capable. Le masque, la chaleur, les gens, le rythme. J’ai une nouvelle fois craqué physiquement et mentalement. Pourtant mes collègues étaient adorables et le boulot n’était pas difficile. J’ai eu bien du mal à accepter que je sombrais de nouveau.

C’était incomparable à ce que j’avais vécu 3 ans auparavant. Cependant je retrouvais des sensations de mal-être connues. Il est évident qu’on ne peut pas guérir dans le même environnement qui nous a rendu malade. J’habitais la même ville, dans la même maison, avec le même type d’emploi (la pression de responsable en moins).


J’ai réalisé que je ne veux plus d’une vie normale. Je ne veux plus d’un travail normal. Je veux être moi.



Ô naturel

Je vous partage un passage merveilleux du livre Les vertus de L’échec de Charles Pépin, que j’ai cité plus haut, qui résume la difficulté à sortir de la normalité :

« Deviens ce que tu es : ose devenir toi-même, assume ta singularité au cœur de cette société qui, par définition, valorise les règles. Il n’est pas surprenant que tu aies peur : la société, pour fonctionner, exige une soumission aux normes. Freud ne dira pas autre chose dans Malaise dans la civilisation, un petit livre explosif publié en 1929 : ce qui est bon pour la société n’est pas ce qui est bon pour l’individu. Ce qui est bon pour la société : le refoulement par les individus de leur singularité asociale. Ce qui est bon pour l’individu : l’expression de cette singularité. D’où le « malaise » propre à toute civilisation, qui donne son titre à l’ouvrage et ne pourra jamais être complètement dissipé. D’où la difficulté à « devenir soi », et la peur qui nous saisit au seuil de l’audace. »


La suite est encore plus inspirante : « Mais nous pouvons apprivoiser cette peur, dit Nietzsche. « Deviens ce que tu es », personne ne le fera pour toi. Essaie au moins, car même si tu échoues tu auras réussi : tu échoueras d’une manière qui ne ressemble qu’à toi. Il n’y a pas de risque plus grand que de ne pas essayer et de voir venir la mort sans savoir qui l’on est. »

"IL N’Y A PAS DE RISQUE PLUS GRAND QUE DE NE PAS ESSAYER ET DE VOIR VENIR LA MORT SANS SAVOIR QUI L’ON EST." Charles Pépin

WRONG QUESTION, GOOD ANSWER

Alors qu’est-ce que je vais faire de ma vie ?

Cette question est bien trop large et paralysante. Les questions intéressantes à se poser sont plutôt : qu’est-ce-que j’aime faire ? Qu’est-ce qui me remplit de joie ? Et surtout : qu’est-ce que j’ai envie de faire, là, maintenant ?


Il y a deux ans j’étais incapable de répondre à ces simples questions. Ça fait partie de la dépression de ne plus avoir de rêves ou de ne plus y croire.

Moi j’aime vous parler. J’aime transmettre. J’aime rencontrer des gens. J’aime voyager. J’aime les médecines spirituelles. Et tant que je ne ferais pas ce que j’aime, j’irai souvent mal.

Là, maintenant, ce que j’ai envie de faire, c’est me lancer. Oser. Faire preuve d’audace.

« L’audace ne nous délivre pas de la peur : elle nous donne la force d’agir malgré elle » Charles Pépin

NEW RULES, NEW SPIRITUALITY

Peu à peu, je réalise que le burnout dépression que j’ai fait, c’était une crise existentielle, mais aussi une crise de maturité. Je refusais de grandir car les règles du jeu étaient mauvaises. J’avais des systèmes de croyances qui m’ont mené à une chute spectaculaire.


Aujourd’hui, à l’aube d’un nouveau départ, j’ai recréé des règles du jeu en accord avec mes valeurs internes. La spiritualité m’a permis cela. Aujourd’hui, je crois foncièrement que tout est juste, que tout arrive pour une raison. Tout s’explique même si on n’explique pas tout. Je crois que la vie est juste car elle nous enseigne des leçons, que nous comprenons ou non. Je pense qu’on est tous connectés et que nos actions portent leurs fruits. Je crois au mal


et au bien, qui ne peuvent pas exister l’un sans l’autre. Je crois aussi que je peux me tromper complètement sur ces croyances, et je l’accepte, car dans tous les cas elles m’auront aidée à aller mieux. Je pense que le but final de tout être humain, c’est l’éveil spirituel suprême, c’est-à-dire vivre dans un état d’amour absolu, un état de grâce. Parfois des centaines de vies sont nécessaires pour y parvenir. Peut-être certaines âmes n’y arriveront jamais. Je pense qu’on a tous une place sur Terre qui nous rendrait profondément heureux. Le but de la vie est de la découvrir. Je crois profondément en la possibilité d’un monde bienveillant et respectueux de la vie et de la planète dans un futur proche.


RETROSPECTIVE ABRUPTE

Quand je suis rentrée du premier tour de moi-même, il y a plus d’un an, j’ai cru que j’avais fait le plus dur. Je m’étais éveillée. J’étais partie, j’avais communiqué, j’avais retrouvé le goût de la vie et retrouvé l’espoir. Cependant, je me sentais en décalage profond avec mon entourage. J’ai lu une citation qui résume bien mon sentiment à ce moment-là :

« J’en vins à me dire qu’il ne pouvait pas savoir d’où je venais. A la réflexion, je l’ignorais aussi. Je n’avais pas découvert le secret de la vie. Mais je savais désormais ce que j’étais : un étranger définitif, un pèlerin sans Jérusalem, un être affligé de ce perpétuel agacement de l’âme qui vous pousse sans cesse où les gens ne vont pas, à la recherche d’on ne sait quoi[3] ».

Ce que j’ai compris avec le voyage du tour c’est que je ne pouvais plus regarder le monde s’écrouler et ne rien faire. Je devais mettre ma pierre à l’édifice. Et même si la plupart des gens qui m’entouraient ne me comprendrait jamais, je ne pouvais plus rester assise et me taire. J’ai suivi l’invitation du Mouvement des Colibris de Pierre Rahbi, qui nous invite à faire notre part, sans rien attendre en retour.

bilan de mes prévisions

TO UNIVERSITY OR NOT UNIVERSITY

Cet été, dans l’optique de décider de mon avenir, j’ai été face à un dilemme : suivre un cursus classique universitaire ou bien suivre un autre chemin quelque peu expérimental.

Le premier choix était extrêmement lourd. Cependant il satisfaisait mon besoin de reconnaissance sur le long terme. Il satisfaisait mes parents aussi. Le deuxième était léger, presque euphorique, j’ai eu pourtant bien des difficultés à contenir mon mental angoissé qui paniquait à l’idée de l’inconnu. Je me suis rendue compte que, finalement, depuis ma naissance, je n’avais jamais rien choisi. Je m’étais laissée porter par les paroles de mes proches, convaincue qu’ils savaient mieux que moi. Et, à l’heure d’enfin pouvoir choisir moi-même qui je voulais être, la terreur m’a vaincue. J’ai pris conscience que choisir c’est risquer d’échouer. Je n’ai pas appris à accepter l’échec. La culture de l’échec est pourtant essentielle à la réussite.

Puis je me suis souvenue de l’espoir que je ressentais lorsque j’étais enfant. Cette inconscience innocente qui n’avait aucune limite. Fragile, vulnérable, et finalement si forte, chaque aventure s’offrait à moi comme un commencement de quelque chose de plus grand. Sereine face à l’avenir car il n’existait pas, je vivais confiante, convaincue que l’essentiel était dans l’instant présent. Cet état-là, je le retrouve maintenant.

« Notre peur la plus profonde n’est pas d’être inadéquats (…), [mais] puissants au-delà de toute limite. C’est notre lumière, pas notre part d’ombre, qui nous effraie le plus. Nous nous demandons, qui suis-je, pour oser être brillant, magnifique, talentueux, fabuleux ? Mais en fait, qui suis-je pour ne pas l’être ? » Marianne Williamson

ALORS C’EST QUOI LA SUITE ?

La suite c’est la liberté. La liberté d’entreprendre. La liberté de vivre.


Très concrètement, je me lance dans deux projets distincts :


-être conseillère en huiles essentielles doTERRA, c’est-à-dire de la vente à domicile d’huiles essentielles de qualité thérapeutique.


-créer un podcast sur les médecines alternatives et complémentaires sur les plateformes en ligne (Spotify, Deezer…).


ça te convient Omar comme plan ?

La vente d’huiles essentielles me permettra d’avoir un salaire. Le podcast, lui, m’emballe carrément, car je suis passionnée par les médecines alternatives et complémentaires depuis plusieurs années. Au-delà de ma passion, je suis toujours très surprise du manque d’informations claires sur ces pratiques. Sortir du cadre de la médecine classique est vraiment difficile, pour certains, car on ne sait jamais dans quoi on s’embarque avant d’essayer. Il y a peu de documentations objectives et transparentes. J’aimerais, à mon échelle, apporter une connaissance liée à mes propres expériences et mes recherches personnelles. L’objectif de ce podcast n’est pas de dire si « ça fonctionne » ou « ça ne fonctionne pas » mais simplement de présenter les choses telles qu’elles sont. Ainsi, le saut entre les deux types de médecine sera plus simple.


J’ai aussi envie de pouvoir aider certaines personnes à se sentir mieux, à mieux se connaître ou à améliorer leur vie par ces pratiques. Se priver des médecines spirituelles alors que la médecine moderne se révèle inefficace ou insuffisante, c’est un crève-cœur. Elles m’ont profondément aidée, à des moments cruciaux de mon existence, voilà pourquoi j’ai envie d’en parler.


Ce podcast sera la continuité du tour de moi-même. Ça serait un peu faire le tour de nous-mêmes.


Je vous donne des détails bientôt,


Prenez soin de vous,

Mathilde

[1] Les chiffonniers sont les Egyptiens qui habitaient dans des bidonvilles et qui ramassaient (et revendaient) les déchets pour vivre [2] Thierry Desjardin, Sœur Emmanuelle, 1993, Editions le livre de Poche [3] Henri Gougaud, Les Sept Plumes de l’aigle.

194 vues1 commentaire
  • White Instagram Icon
  • YouTube - Cercle blanc
About Me

J'ai décidé de partir faire le tour de moi-même et je vous amène avec moi dans ma folle aventure. 

Ecrivez-moi

  • White Facebook Icon
  • YouTube - Cercle blanc

© 2018 by Mathilde Boileau. 

Newsletter